Interview des auteurs

Interview des auteurs 2019-10-14T13:37:32+01:00

Pourquoi avoir choisi de mettre en avant un personnage féminin, et qui plus-est, une adolescente ?

Jean-Yves Ferri : Au départ, j’avais l’idée de ressortir le grand Vercingétorix lui-même de son tiroir. Le problème est que ça risquait de trop interférer avec l’Histoire, la vraie. Comment expliquer en effet que les Gaulois du village ne soient pas intervenus pour secourir leur chef historique ? Finalement j’ai pensé que ce dernier devait demeurer ce qu’il est, c’est à dire un simple prologue mythique aux aventures d’Astérix. Du coup, j’ai préféré chercher du côté d’une fille qu’il aurait eue, ce qui est bien sûr totalement inventé ! Et le thème de l’album s’est mis à tourner autour de l’adolescence… Ce thème n’avait plus été traité depuis le personnage du jeune Goudurix (Astérix et les Normands). J’ai pensé qu’aujourd’hui, on pourrait l’aborder différemment.

Didier Conrad : Nous avions envie de développer des personnages féminins et à l’exception de Zaza dans « Le Cadeau de César », il n’y a pas eu d’adolescentes dans Astérix. Après 37 titres, il est toujours préférable de choisir des sujets et des types de personnages peu abordés par les créateurs de la série si l’on veut trouver des idées nouvelles et apporter une certaine fraîcheur.

Parlez-nous du contexte historique dans lequel vous avez puisé pour l’écriture de cet album…

JYF : L’action se situe quelques années après la défaite d’Alésia. L’idée était d’imaginer un réseau secret d’Arvernes restés fidèles à Vercingétorix. Bien évidemment, ils veillent (comme ils peuvent) sur la fille de leur chef regretté. Et sur son « torque », une sorte de collier honorifique qu’elle a reçu de son père en héritage. Comme toujours, j’essaie d’utiliser certains éléments historiques. Comme cette allusion au climat de division qui a entouré le siège d’Alésia, ou cette manière dont les romains menaient leurs combats en mer. Astérix est une série pour rire mais l’humour marche d’autant mieux si le fond est plausible.

DC : Cela nous permettait également de croquer de nouveaux personnages hauts en couleurs, à savoir les Arvernes et leur accent si particulier !

Vous avez le même âge que vos personnages. Quelles ont été vos rapports avec le personnage d’Astérix depuis votre enfance ?

JYF : Oui j’ai le même âge qu’Astérix, je suis né en 59 après JC. Ça crée forcément des liens avec la série ! (rires) Alors, quand on m’a confié la responsabilité du scenario, j’ai mis mon casque et je me suis mis à fouiller dans les malles de Panoramix. Mais Astérix était le fruit de la rencontre entre Goscinny et Uderzo, deux personnalités bien spécifiques et inimitables. Je n’ai donc découvert aucune « recette » … À chaque nouvel album, nous essayons juste de conserver un certain esprit de la série, fait de ce mélange d’antique et d’actuel qui fait toujours rire. L’idée est de partir chaque fois dans une direction neuve, inspirée du monde d’aujourd’hui, qui, heureusement, nous fournit tous les jours, comme on sait, son lot de thèmes réjouissants !

DC : J’ai lu mon premier Astérix à l’âge de 8 ou 9 ans. J’aimais déjà beaucoup la BD et Astérix a été une révélation. Je suis toujours surpris d’avoir eu la chance d’être choisi pour continuer cette série unique dans l’histoire de la BD.